Trois mois plus tard, la machine casse
Le scénario est classique. Une révision est faite au printemps, le compresseur s’arrête en été. Le client demande si le séparateur a bien été changé, le constructeur demande la preuve de l’entretien, le service qualité demande ce qui a été fait sur cette machine et quand. Le mainteneur ressort un bon papier, une signature illisible, une date écrite à la main.
Un bon d’intervention sert en réalité à quatre choses, et il doit tenir pour chacune :
- Le litige : établir ce qui a été fait, et ce qui ne l’a pas été, sur quelle machine, à quelle date.
- La garantie : montrer que l’entretien a suivi les échéances, avec quelles pièces.
- Le service qualité du client : retrouver qui est intervenu, quand, et ce qui a été changé, machine par machine.
- La facture : chaque ligne facturée doit renvoyer à une intervention que le client a vue et signée.
Ce que le droit demande à une preuve électronique
Quatre textes posent le cadre, et ils disent la même chose sous plusieurs angles.
- Code civil, article 1366. L’écrit électronique a la même force probante que l’écrit sur papier, à deux conditions : que la personne dont il émane puisse être dûment identifiée, et qu’il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité.
- Code civil, article 1367. La signature identifie son auteur et manifeste son consentement. Électronique, elle repose sur un procédé fiable d’identification qui garantit son lien avec l’acte auquel elle s’attache.
- Code de commerce, article L110-3. À l’égard des commerçants, les actes de commerce se prouvent par tous moyens, sauf disposition contraire. En cas de litige entre entreprises, le juge apprécie les éléments produits.
- Règlement européen eIDAS, article 25. Une signature électronique ne peut pas être écartée comme preuve en justice au seul motif qu’elle se présente sous forme électronique.
Devant un litige, un bon convainc quand il répond à trois questions : qui l’a signé, quand, et a-t-il changé depuis. Ce sont exactement l’identité et l’intégrité que le Code civil demande à l’écrit électronique. Un bon papier répond mal à la troisième : une photocopie ne dit pas si une ligne a été ajoutée après coup.
Signé, horodaté, scellé : ce que fait chaque mot
Signé
Le technicien et le client signent sur place, sur le téléphone du technicien. Les deux noms figurent sur le bon. Le client signe ce qu’il a sous les yeux : la liste des travaux, les pièces posées, les compteurs relevés.
Horodaté
La date et l’heure de la signature sont enregistrées avec le bon. Elles disent quand l’intervention a été reconnue par les deux parties, pas quand quelqu’un a pensé à la saisir au bureau.
Scellé par une empreinte
À la signature, une empreinte SHA-256 est calculée sur le contenu du bon : une suite de 64 caractères calculée sur ce contenu. Modifier le moindre élément du bon donne une empreinte différente. La norme qui définit l’algorithme, NIST FIPS 180-4, le dit dans ses termes : ces empreintes servent à détecter si un message a été modifié depuis leur calcul. Dans SEENTINEL, un bon signé ne se modifie plus ; il reste consultable et se partage par un lien.

Sur place, même sans réseau
Une salle des compresseurs est rarement le meilleur endroit pour capter un réseau. L’application mobile fonctionne hors ligne : tout se remplit et se signe sur place, et le bon part dès que la liaison revient. Dans l’ordre :
- Le bon arrive pré-rempli, depuis une échéance d’entretien ou une alerte : la machine, le motif, la gamme d’intervention. Voir l’entretien calé sur l’état réel et l’alerte qui crée le bon.
- Les travaux se notent point par point : contrôle, réfection ou remplacement, avec les compteurs de la machine et des photos horodatées.
- Les pièces posées se décomptent du stock du camion : chaque pièce est tracée, chez quel client et sur quelle machine.
- Le technicien et le client signent. Pour une mise en service, le PV de réception, avec ses réserves, suit le même chemin.
- Le bon part au retour du réseau, avec une copie à l’administration des ventes du mainteneur par e-mail. Il porte le logo, les mentions légales et les conditions de vente du mainteneur.
Du bon clôturé à la facture
Pour un mainteneur, le bon n’est pas seulement une preuve : c’est la base de la facture. Dans SEENTINEL, le bon clôturé prépare la facture : la main d’œuvre, les pièces et le déplacement sont repris du devis, l’acompte éventuel est déduit. Les factures en retard sont ensuite relancées.
Deux effets, très concrets. Rien de ce qui a été posé n’est oublié à la facturation, puisque la pièce décomptée du camion figure sur le bon. Et une contestation sur une ligne se règle en ouvrant le bon signé qui la porte, plutôt qu’en reconstituant la journée du technicien.
Papier ou bon scellé, question par question
| La question | Bon papier | Bon SEENTINEL |
|---|---|---|
| Qui a signé ? | Une signature manuscrite, parfois illisible | Le technicien et le client, nommés sur le bon |
| Quand ? | Une date écrite à la main | Date et heure de la signature enregistrées |
| A-t-il changé depuis ? | Impossible à dire sur une copie | Empreinte SHA-256 ; signé, il ne se modifie plus |
| Où est-il ? | Dans le camion, puis dans un classeur | Partagé par un lien, copie à l’administration des ventes par e-mail |
| Qu’a-t-on fait ? | Quelques lignes manuscrites | Travaux point par point, compteurs, pièces, photos horodatées |
| Et la facture ? | Ressaisie au bureau | Préparée depuis le bon clôturé : main d’œuvre, pièces, déplacement |
Ce que le bon ne fait pas
C’est une signature électronique simple. L’article 1367 du Code civil réserve la présomption de fiabilité aux signatures qui remplissent les conditions fixées par décret ; le bon ne la revendique pas. Sa force tient à l’ensemble : l’identité des signataires, l’heure de la signature, l’empreinte, et ce que le juge en apprécie avec le reste du dossier.
Il prouve ce qui a été fait, pas que c’était la bonne décision. Un diagnostic se défend par l’historique de la machine et par les mesures, pas par la signature du client.
Il ne vaut que s’il est signé sur place. L’horodatage enregistre le moment de la signature : un bon complété le lendemain au bureau dira le lendemain.
Pour un service qualité, il apporte des preuves datées et conservées. Les exigences propres à son référentiel restent à vérifier avec lui.
Un bon d’intervention protège quand il répond à trois questions : qui l’a signé, quand, et a-t-il changé depuis. Signé sur place par le technicien et le client, horodaté et scellé par une empreinte, le bon SEENTINEL y répond, puis prépare la facture. Vous êtes mainteneur : voir la page partenaires ou demander une démonstration. Vous exploitez une centrale : la vérification de vos machines dit, machine par machine, ce que SEENTINEL en lit. Plus de détails sur la GMAO air comprimé.
Sources, vérifiées le 11 octobre 2026 : Code civil, art. 1366 (écrit électronique) ; Code civil, art. 1367 (signature) ; Code de commerce, art. L110-3 (preuve entre commerçants) ; Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), art. 25 ; NIST FIPS 180-4, Secure Hash Standard. Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un avocat sur un litige donné.

