Les deux façons de rater une astreinte
- Ne rien voir venir. Le compresseur s’arrête, la pression tombe, la production appelle. Le mainteneur apprend la panne en même temps que son client, sans historique sous les yeux, et part sans savoir quelle pièce emporter.
- Tout voir sonner. Chaque dépassement réveille quelqu’un, souvent plusieurs personnes à la fois. Au bout de quelques semaines, les notifications sont coupées, et une alerte que personne ne lit vaut une absence d’alerte.
L’article L3121-9 définit l’astreinte comme une période pendant laquelle le salarié, sans être sur son lieu de travail, doit être en mesure d’intervenir. La durée de l’intervention est du temps de travail effectif, et la période d’astreinte donne lieu à une contrepartie, financière ou en repos. À défaut d’accord collectif, la programmation individuelle est communiquée quinze jours à l’avance, sauf circonstances exceptionnelles (article L3121-12).
Conséquence pratique : chaque déplacement de nuit qui n’était pas nécessaire est du temps de travail, et un réveil de plus pour l’équipe. Trier les alertes n’est pas du confort, c’est de l’organisation.
Une alerte qui part vers la bonne personne, avec de quoi décider
Une alerte utile répond à quatre questions avant même d’être ouverte : quelle machine, chez quel client, quelle mesure contre quel seuil, depuis quand. Dans SEENTINEL :
- Les destinataires sont déclarés. Des contacts chez le client et chez le mainteneur, rangés par niveau. Personne n’est prévenu par défaut.
- Deux canaux, pas trois. Notification sur le téléphone et e-mail, sans SMS. Sur l’application Android, les alertes critiques sonnent même en mode silencieux.
- La mesure et le seuil dans l’alerte. Par exemple « pression réseau 5,4 bar, seuil 6,0 bar » : la gravité se lit sans ouvrir un écran.
- L’historique attaché. Alarmes précédentes, interventions passées, pièces changées : le contexte de la machine arrive avec l’alerte.
- La prise en charge d’un geste. Le technicien prend l’alerte depuis son téléphone, même sans réseau (le geste part au retour de la liaison), et l’équipe voit qui la porte.
Tant que personne ne la prend, elle remonte
L’escalade est le filet de sécurité de l’astreinte. Chaque règle d’alerte porte un délai : si personne n’a pris l’alerte en charge quand il est écoulé, elle part au niveau de contacts suivant, et ainsi de suite. Un exemple d’organisation, à adapter à votre équipe :
- Niveau 1 : le technicien qui suit le site.
- Niveau 2 : le responsable technique, si le niveau 1 n’a pas pris l’alerte dans le délai réglé.
- Niveau 3 : la direction du mainteneur, ou le responsable maintenance du client.
Un seuil trop serré produit des alertes que personne ne prend, qui montent toutes au niveau suivant : l’escalade amplifie alors le bruit au lieu de le filtrer. Les seuils se règlent machine par machine, sur son fonctionnement normal, et se resserrent quand l’historique a montré ce qui est habituel. C’est ce réglage, plus que le nombre de capteurs, qui fait une astreinte supportable.
Le planning d’astreinte, pour les demandes des clients
Les alertes machine ne sont pas les seules à arriver le soir : un client signale un problème, demande un passage. Dans SEENTINEL, ces demandes d’intervention suivent le planning d’astreinte, qui dit qui est de garde et jusqu’à quand.
- Demande courante : seule la personne d’astreinte est réveillée ; le reste de l’équipe est informé, sans sonnerie.
- Demande urgente : l’astreinte, puis les administrateurs. Une urgence ne doit pas dépendre d’un seul téléphone.
- Personne d’astreinte : les administrateurs sont prévenus, et attribuent la demande.
| Ce qui arrive | Qui est prévenu | Comment |
|---|---|---|
| Une alerte machine (seuil franchi) | Les contacts déclarés, chez le client et chez le mainteneur, par niveau | Notification mobile et e-mail ; niveau suivant sans prise en charge |
| Une demande d’intervention d’un client | La personne d’astreinte du planning ; les administrateurs si la demande est urgente | Notification mobile ; le reste de l’équipe est informé |

Le diagnostic à distance, avant de prendre la route
Le guide du département américain de l’énergie sur l’air comprimé recommande de suivre puissance, pression, débit et température pour voir une installation se dégrader. La télésurveillance fait ce suivi en continu, et c’est lui qui permet de décider depuis le bureau. Avant de démarrer le véhicule, trois lectures suffisent souvent :
- La courbe avant l’alerte. Une chute brutale (machine arrêtée, purgeur bloqué) n’appelle pas la même réponse qu’une dérive lente, comme un sécheur dont le point de rosée monte depuis des jours.
- Les autres machines du site. Une pression basse avec un compresseur à l’arrêt n’est pas la même panne qu’une pression basse avec toutes les machines en charge : dans le second cas, la demande dépasse la production, fuite ou nouveau consommateur.
- L’historique de la machine. Dernière intervention, pièces changées, alarmes déjà réglées sur ce même équipement.
Trois issues possibles : intervenir maintenant, avec la bonne pièce ; planifier dans la semaine ; ou demander au client un contrôle simple sur place. Le déplacement de nuit redevient l’exception justifiée.
| Moment | Sans télésurveillance | Avec SEENTINEL |
|---|---|---|
| La panne approche | Rien ne le signale | Dérive visible sur la courbe, alerte au seuil réglé |
| L’alerte | Le client appelle | Notification mobile et e-mail aux contacts déclarés, mesure et seuil compris |
| Personne ne répond | L’alerte se perd, ou le client rappelle | Elle remonte au niveau suivant |
| Une demande le soir | Toute l’équipe peut être dérangée | Une demande courante réveille la seule personne d’astreinte |
| Avant de partir | Le diagnostic se fait sur place | Courbes, autres machines du site et historique lus à distance |
| Après | Un compte rendu à rédiger au bureau | Un bon signé sur place, rattaché à la machine |
Ce que la télésurveillance ne fait pas
- Sans liaison, aucune alerte ne part. Le poste installé en centrale continue de mesurer et garde l’historique sur place, mais il ne prévient personne tant qu’internet est coupé. Un modem 4G ou 5G dédié évite de dépendre du réseau du client.
- Pas de SMS. Les alertes partent en notification mobile et par e-mail, rien d’autre.
- Elle ne répare rien. Elle dit quoi, où et depuis quand ; l’intervention reste celle d’un technicien, et la visite d’entretien garde sa place (voir l’entretien selon l’état réel).
- Elle vaut ce que valent ses seuils. Mal réglés, ils sonnent pour rien ; réglés sur l’habitude de chaque machine, ils sonnent quand il le faut.
Une astreinte supportable repose sur trois choses : des destinataires déclarés par niveau, une alerte qui porte la mesure, le seuil et l’historique, et une escalade qui ne réveille le niveau suivant que si personne n’a pris. Les demandes des clients suivent, elles, le planning d’astreinte. Pour voir comment SEENTINEL l’organise sur votre parc : la télésurveillance, la page partenaires, ou une démonstration sur vos clients. Et pour la suite de l’intervention : le bon signé sur place.
Sources, vérifiées le 11 octobre 2026 : Code du travail, art. L3121-9 (astreinte) ; Code du travail, art. L3121-12 (organisation à défaut d’accord) ; US DOE, Improving Compressed Air System Performance, 3e éd., fiche 8. Les règles d’astreinte de votre entreprise dépendent de votre convention et de vos accords collectifs.

